Malgré des technologies avancées et des recherches poussées sur le phénomène, les marées continuent de nous surprendre. Pourquoi ? 

Nous en savons tous un minimum sur le phénomène des marées. Pour la plupart, vos connaissances se limitent à savoir à quelle marée votre spot favoris marche le mieux.

Un sujet très complexe en sachant que plus de 400 phénomènes astronomiques cycliques régissent les marées.

Dans son récent livre « Tides: The Science and Spirit of the Ocean, » l’écrivain, navigateur et surfeur Jonathan White nous fait voyager à travers le globe pour découvrir la science et l’esprit des marées. Dans ce compte rendu sur les idées reçues concernant les marées, White explore l’idée selon laquelle les marées sont plus grande aux pôles.

FastWater
Skookumchuck Narrows, British Columbia, Canada

Les mythes sur les marées sont nombreux. J’ai fait une conférence l’année dernière dans ma ville natale, et pendant la partie Questions/Réponses, un physicien accompli m’a demandé pourquoi les marées étaient plus grandes aux pôles qu’à l’équateur.

J’ai fait semblant de réfléchir pendant un instant pour ne pas l’offenser ou l’embarrasser, mais finalement j’ai répondu que l’affirmation elle même était erronée. J’ai déjà entendu cela auparavant (que plus on montait en latitude plus elles étaient conséquentes), mais mes recherches n’ont jamais corroboré cette affirmation. En fait, j’ai dit au physicien, quand on parle de marées, il y a tellement de facteurs à prendre en compte qu’un seul d’entre eux ne peut constituer une affirmation générale .

J’ai raconté cette histoire à David Greenburg, un expert en la matière, à Nova Scotia, en pensant qu’il allait en rire aussi, mais il resta silencieux. À travers sa fenêtre, je pouvais voir un aperçu de l’eau chocolatée de la Baie de Fundy, qui a une marée de 17 mètres, la plus élevée du monde avec la Baie d’Ungava au Nord du Canada.

marées

« Quand on étudie les marées, » me répondit Greenburg, « Il y a des moments où les résultats sont à l’inverse des prédictions et on ne peut même pas l’expliquer.. »

Quand j’ai quitté le bureau de Greenburg, je me souviens d’avoir pensé qu’après 10 années d’études, je n’avais même pas appréhendé la moitié du sujet.

Sa réaction après mon histoire démontre parfaitement la complexité, le mystère et la poésie liés à l’étude de ces phénomènes. 

Il y a à peu prés 400 cycles astronomiques qui influencent les marées, en commençant par le cycle lunaire, le cycle apogée/périgée (quand la lune est au plus prés ou au plus loin de la Terre), le cycle journalier du soleil, ou le cycle annuel de perhelion/aphelion (quand la terre est au plus loin ou au plus prés du Soleil). Tous ces cycles créent une attraction gravitationnelle appelée « appel », ressentie par nos océans terrestres.

Marées haute à Kuna Yala, Panama
Kuna Yala, Panama

Les océans répondent à ces appels différemment. En fonction de sa forme (et même de nuances plus pointues comme la température ou la salinité de l’eau), un bassin océanique peut répondre favorablement au cycle Lunaire, mais pas au cycle solaire et vice-versa. C’est pourquoi une baie en face de chez vous peut avoir une marée conséquente tandis qu’une baie à 10 Km de distance peut avoir une petite marée. Ils « entendent » différents appels.       

Quelques jours après notre discussion, je suis allé voir un physicien du coin. Il m’a dit qu’après quelques lectures, il avait compris pourquoi les marées étaient plus conséquentes aux pôles (apparemment peu satisfait de ma réponse), et particulièrement au Pôle Nord.  » C’est parce que la masse terrestre est plus grande dans les latitudes nord, et les terres obstruent et concentrent les marées ». Ce n’était pas une question, j’ai donc juste acquiescé et lui ai dit que je n’avais jamais entendu cela auparavant. 

Ungava Bay, Canada
Ungava Bay, Canada

Il y a un peu de vrai dans son explication, la proximité des terres peut concentrer la marée. La Baie de Fundy a des grosses marées en partie dues à la forme de la baie qui resserre la marée vers l’intérieur et vers le haut. Mais encore une fois, il y a plein d’autres facteurs en jeu. Si les marées étaient plus grosses dans les latitudes nord, par exemple, nous nous attendrions, à des endroits comme Stockholm, ou en Suède, à une latitude de 60 degrés nord, à avoir de plus grosses marées qu’au Panama, situé à 0 degrés, en plein sur l’équateur. Cependant, Stockholm a une marée 6 fois inférieur à celle du Panama, une des plus grosses au monde.

Les grandes marées sur ou autour de l’Equateur incluent la Colombie, Madagascar et le Mozambique. Dans les latitudes au dessus de 45 degrés, où le mythe voudrait qu’elles soient énormes, on peut trouver des centaines d’exemples de petites marées. La Méditerranée se situant entre 32 et 43 degrés n’a quasiment pas d’effets de marées.

J’aime répondre aux questions sur les marées, la plupart sont des questions que je me suis déjà posé et je n’ai toujours pas de réponses pour la plupart.                                                                

 

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